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Quand l’accès aux devises freine la baisse des prix

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Alors que les prix sur le marché continuent d’augmenter malgré la baisse du dollar sur le marché noir, un expert en économie, intervenant sur les ondes de la radio Bonesha FM, explique ce paradoxe par le fait que les commerçants ne parviennent pas à obtenir des devises auprès des banques pour financer leurs importations. Selon lui, l’accès aux devises devrait être ouvert pour les opérateurs économiques, afin de permettre une réelle baisse des prix sur le marché.

Selon Diomède Ninteretse, expert en sciences économiques, le manque d’accès aux devises auprès de la BRB et des banques commerciales pousse les commerçants à se tourner vers le marché noir, ce qui alimente la hausse des prix sur le marché.

« La chute du dollar américain, notamment sur le marché noir où il est passé de 7 000 à 6 000 fbu, devrait logiquement entraîner une baisse des prix sur le marché. D’abord, il faut dire que les prix des biens et des services continuent d’augmenter sur l’ensemble du territoire, et puis particulièrement produits alimentaires, les biens importés, les services de transport et le carburant. »

 D’après lui, plusieurs raisons justifient ce phénomène : « Il ne faut pas penser que le taux de change lui seul peut dicter la stabilisation des prix sur le marché. Il y a la limitation réelle d’accès aux devises pour les importateurs. Jusqu’à présent, les banques commerciales ne donnent pas suffisamment de devises aux importateurs. »

 Il ajoute : « Il y a aussi les tensions dans l’approvisionnement du carburant parce que vous savez très bien que les produits viennent de l’intérieur du pays et souvent sur les stations de service, on n’a pas de carburant. Les gens sont obligés de passer par les voies non officielles. Donc, on comprend très bien qu’un commerçant devra toujours rajouter la marge bénéficiaire sur un produit. »

 Il cite également l’impraticabilité de certaines routes à travers le pays comme un autre facteur contribuant à la hausse des prix.

« Vous savez, si on devait importer quelque chose de Makamba à Bujumbura avec la route de Rumonge qui est impraticable, cela ne peut pas faciliter aussi le transport. Donc, les routes et d’autres infrastructures en rapport avec la spéculation de certains commerçants qui estiment bien qu’ils avaient acheté certains produits de service avant que le dollar puisse chuter sur le marché. »

 Il sollicite l’intervention de l’Etat : « Il faut que l’État puisse comprendre qu’il faut que l’accès aux devises soit plus public à tout importateur ou à toutes les personnes qui veulent avoir des devises pour importer des marchandises à l’étranger. »

 L’expert Ninteretse ajoute que l’État devrait renforcer le contrôle des pratiques spéculatives des commerçants ainsi que la lutte contre la constitution de stocks illicites, notamment chez les vendeurs de boissons de la Brarudi et de sucre.

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