Le Burundi ne dispose que de trois centres de détention pour mineurs, accueillant les enfants en conflit avec la loi. Un nombre jugé insuffisant par l’OIDEB et certains experts en droits de l’enfant, qui plaident pour l’implantation de nouveaux centres dans chaque région du pays. De son côté, le ministère de la Justice estime qu’il serait préférable de réduire le nombre d’enfants placés dans ces structures, afin de favoriser leur retour à l’école.

D’après Félix Sindayigaya, coordinateur de l’Observatoire ineza des droits de l’enfant au Burundi (OIDEB) a reconnu les efforts de l’État en matière de prise en charge des enfants en conflit avec la loi. Cependant, il a souligné que les centres qui les accueillent restent en nombre insuffisant.
« Les enfants en conflit avec la loi doivent être placés dans des centres spécialisés, distincts des prisons pour adultes, comme le prévoit la loi. Cependant, cela demeure un défi, car ces centres restent très peu nombreux, largement insuffisants. »
Lors d’une conférence nationale organisée ce mardi 18 novembre par le ministère de la Justice, certains participants ont également abordé ce sujet.
Dr Pierre Nkurikiye, expert en droit de l’enfant, partage cet avis et souligne que cette insuffisance complique l’accès aux enfants détenus pour leurs avocats et témoins, en raison de l’éloignement géographique des centres.
« Les centres de détention pour mineurs sont très éloignés de leurs bénéficiaires qui sont les mineurs en conflit avec la loi. Le mieux serait que ces centres existent au moins dans toutes les régions pour que ces enfants-là soient internés dans des centres qui sont proches de leurs familles. Il y a un problème d’accès de transport, notamment pour les avocats, les témoins et les victimes vers ces lieux.
Moins d’enfants en prison, plaide le ministère de la Justice
Pontien Hatungimana, directeur chargé de la promotion et de la protection des droits humains au sein du ministère de la Justice et des Droits de la Personne humaine, quant à lui estime que l’essentiel n’est pas de multiplier les centres, mais plutôt de prévenir les délits commis par les enfants.
« Certes, il est important de multiplier ces structures. Il est encore plus essentiel de renforcer la prévention. Il ne serait pas souhaitable que de nombreux enfants soient envoyés dans ces centres. L’idéal pour le gouvernement serait qu’un nombre réduit d’enfants y soit placé. Il est donc nécessaire de mettre l’accent sur la prévention afin de diminuer le nombre d’enfants en conflit avec la loi. »
Selon le représentant de l’OIDEB à Rumonge, le centre de détention pour mineurs de Murembwe, situé dans la commune de Rumonge en province Burunga, héberge actuellement 115 mineurs, alors que sa capacité d’accueil n’est que de 70.
Il tire la sonnette d’alarme au surnombre de détentions à ce centre. D’après lui, ces mineurs sont principalement poursuivis pour des infractions telles que le vol, la consommation et la vente de drogues, le viol, ainsi que les coups et blessures volontaires.
À noter que les centres de détention pour mineurs sont situés à Rumonge et à Ruyigi pour les garçons, et à Ngozi pour les filles.