Certains experts estiment qu’il est urgent de renforcer la protection des droits de l’enfant au Burundi. Ils soulignent le nombre élevé d’enfants vivant dans la rue et le taux alarmant d’abandon scolaire qui persiste dans le pays. Lors d’une conférence nationale organisée ce mardi 18 novembre par le ministère de la Justice, ces spécialistes ont appelé les acteurs concernés à unir leurs efforts pour garantir aux enfants burundais la pleine jouissance de leurs droits.

Pierre Nkurikiye, expert en droits de l’enfant et participant à cette conférence, a déploré le budget qu’il juge insuffisant pour assurer la protection des droits de l’enfant au Burundi.
« Il y a ce qui a déjà été réalisé, mais il y a encore à faire. La protection des droits de l’enfant est respectée à 3,6 sur 5. Si on regarde les enfants de la rue, ils sont environ 7.000. Les abandons scolaires gravitent autour de 260.000 par an. Dans ce domaine de la protection des droits de l’enfant, on met tout simplement 1,7% du budget national, ce qui est insuffisant. 89,6% des enfants sauvent leurs droits bafoués. »

De son côté, Pontien Hakizimana, directeur chargé de la promotion et de la protection des droits humains au ministère de la Justice, prouve le contraire tout en soulignant que le Burundi a réalisé d’importants progrès dans le respect des droits de l’enfant, au point que plusieurs pays cherchent à s’inspirer de son modèle.
« Le respect des droits de l’enfant a considérablement progressé au Burundi, notamment grâce à l’application des conventions internationales signées par le pays. Cette année, nous publierons plusieurs rapports, et d’autres pays souhaitent s’inspirer de l’exemple du Burundi. »

En réponse, Pierre Nkurikiye a estimé que les droits des enfants ne sont pas encore pleinement respectés, soulignant en particulier la qualité insuffisante de l’éducation au Burundi.
« Vous dites par exemple que le Burundi est très avancé en matière de protection des droits de l’enfant. On vous dira que le Burundi a un taux de scolarisation de 83%, tous les enfants sont à l’école. Mais, où est la qualité de l’éducation ? »
Il donne l’exemple des lauréats de l’université : « Nous avons maintenant des lauréats des universités qui ne savent pas comment formuler une phrase et c’est ça cette éducation dont vous parlez ? »
Il ajoute : « Quand le budget donné à la protection de l’enfance est de 1,7% du budget national pour une population de 52%, quels résultats attendez-vous ? »
Il appelle aux différents partenaires et acteurs du secteur à conjuguer leurs efforts afin de garantir aux enfants burundais la jouissance effective de tous les droits consacrés par les textes en vigueur.