Sur la colline Musave, dans la zone Kayanza, en province de Butanyerera, des habitants s’inquiètent de la propagation des discours de haine en période de tension. Ils appellent à la vigilance pour préserver la paix et la sécurité. Le chercheur en consolidation de la paix et en bonne gouvernance, Dismas Nayikengurukiye, avertit que ces propos peuvent raviver les divisions du passé, fragiliser la cohésion sociale et favoriser les violences. Il plaide pour une sensibilisation continue et une application effective des lois.

Certains habitants de la colline Musave dénoncent des propos qu’ils jugent susceptibles de diviser la population et de semer la confusion au sein de la communauté. Selon eux, ces discours se multiplient particulièrement en période de tension. Ils estiment que leur dangerosité s’accentue lorsqu’ils sont tenus par des leaders d’opinion ou des membres de partis politiques.
Abel Ndayiragije, l’un des responsables locaux, souligne que de tels propos peuvent perturber la paix et la sécurité. Ils risquent également d’attiser les tensions et de conduire à des actes hostiles entre les membres de la communauté. Face à cette situation, les autorités locales s’efforcent de sensibiliser la population afin de prévenir ces comportements.
Les divisions du passé, un facteur de vulnérabilité
Pour Dismas Nayikengurukiye, chercheur dans le domaine de la consolidation de la paix et de la bonne gouvernance, les discours de haine représentent un risque particulier dans les sociétés ayant connu des conflits. Ils peuvent raviver les divisions identitaires, notamment ethniques et politiques, et fragiliser les relations entre les citoyens.
« Nous sommes une société qui a été divisée sur des bases identitaires, que ce soit ethniques ou politiques. Lorsque des messages de haine sont utilisés dans de telles sociétés, il existe un risque de retomber dans les violences », explique-t-il.
Le chercheur précise que les personnes qui ont subi les violences du passé ou qui vivent encore avec des traumatismes peuvent se sentir menacées par ces discours. Elles risquent alors de réagir dans une logique d’autoprotection, ce qui peut aggraver les tensions et compromettre la coexistence pacifique.
Il attire également l’attention sur le rôle que peuvent jouer certains influenceurs. Selon lui, des responsables politiques peuvent les utiliser ou les manipuler pour diffuser des messages de haine et influencer certaines catégories de la population. La propagation de ces propos devient d’autant plus préoccupante avec les nouvelles technologies, qui permettent aux messages de circuler rapidement auprès d’un large public.
Face à ces risques, Dismas Nayikengurukiye estime qu’il faut renforcer les campagnes de sensibilisation et veiller à l’application des lois en vigueur. Il appelle à une implication continue des organisations de la société civile et des acteurs religieux dans les actions de prévention.