À Bujumbura, la prolifération des bouteilles en plastique non biodégradables inquiète les autorités administratives. Abandonnés dans les quartiers et charriés par les eaux de pluie à travers les caniveaux, ces déchets finissent dans le lac Tanganyika, accentuant sa pollution. Face à cette situation, les autorités appellent à renforcer le contrôle des entreprises, la collecte des déchets et la sensibilisation de la population.

Les bouteilles en plastique non biodégradables sont devenues visibles dans plusieurs endroits de la ville de Bujumbura. Pour les autorités administratives et environnementales, cette situation constitue une menace pour la protection du lac Tanganyika et pour l’environnement urbain.
Jean Girukwishaka, directeur de l’environnement au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, affirme que les déchets qui polluent le lac Tanganyika sont notamment constitués de bouteilles en plastique et d’autres déchets ménagers.
« Ce que nous constatons dans le lac Tanganyika, ce sont des déchets plastiques non biodégradables ainsi que d’autres déchets ménagers », explique-t-il.
Des déchets transportés par les caniveaux
La problématique ne se limite pas aux abords du lac. Certains grands caniveaux de la capitale jouent également un rôle dans le transport des déchets vers le lac Tanganyika.
Léonard Butoyi, assistant du ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, cite notamment le caniveau de Ruvumera, considéré comme un important collecteur d’eau. Selon lui, pendant les périodes de pluie, les eaux de ruissellement entraînent les déchets plastiques accumulés dans les quartiers jusque dans le lac.
Cette situation soulève une question majeure : comment empêcher que les déchets abandonnés dans les quartiers ne finissent dans les cours d’eau et, finalement, dans le lac Tanganyika ?
Les habitudes de consommation pointées du doigt
Alain Pacifique Bayubahe, chargé de missions à la présidence de la République du Burundi, déplore également les comportements de certains consommateurs.
Il s’étonne notamment de voir des personnes jeter leurs bouteilles en plastique n’importe où après avoir consommé leur contenu. Il cite, à titre d’exemple, les bouteilles de boissons énergétiques, souvent abandonnées dans l’environnement après consommation.
Pour lui, la lutte contre la pollution plastique doit également passer par un meilleur contrôle des entreprises qui fabriquent et commercialisent ces emballages.
Il estime que les entreprises qui ne respectent pas la réglementation doivent être sanctionnées, notamment lorsqu’elles se sont engagées à récupérer les bouteilles après leur consommation.
Alain Pacifique Bayubahe appelle par ailleurs les autorités administratives à assurer un suivi plus rigoureux de cette question. Il encourage également les citoyens à signaler les entreprises qui exercent leurs activités en violation de la loi ou qui ne respectent pas leurs engagements en matière de collecte des bouteilles.
La pollution du lac Tanganyika n’est toutefois pas un phénomène récent. Selon les éléments évoqués par les autorités, le problème est devenu particulièrement visible au Burundi à partir des années 1970 et 1980.
Des études menées par la FAO ont montré que le lac Tanganyika était progressivement affecté par les eaux provenant des industries ainsi que par les déchets produits par les ménages de la ville de Bujumbura.