À l’occasion de la Journée internationale des parents célébrée ce 1er juin, des organisations engagées dans la protection de l’enfance tirent la sonnette d’alarme sur les défis auxquels font face de nombreux enfants au Burundi. Elles pointent notamment les manquements de certains parents dans l’exercice de leurs responsabilités éducatives et protectrices.

David Ninganza, vice-président de la SOJEPAE (Solidarité de la Jeunesse Chrétienne pour la Paix et l’Enfance), affirme que plusieurs violations des droits de l’enfant trouvent leur origine dans un manque d’encadrement familial. Il cite notamment les grossesses précoces et non désirées, souvent liées à l’absence de dialogue entre parents et enfants. D’autres enfants sont victimes de traite vers l’étranger, d’exploitation économique à travers le travail précoce ou encore privés d’accès à l’éducation et aux soins de santé.
Selon lui, la responsabilité parentale ne se limite pas aux seuls parents biologiques. Il rappelle que la législation burundaise prévoit l’intervention du conseil de famille lorsque les parents ne sont plus en mesure d’assumer leurs obligations. Cette instance est chargée de veiller surtout à la garde des enfants, à leur scolarisation ainsi qu’à leur accès aux soins de santé : »La responsabilité de protéger l’enfant incombe à tous », insiste David Ninganza. Il estime que la famille élargie et la communauté doivent également contribuer à garantir la sécurité et le bien-être des enfants.
Profitant de cette journée, il lance un appel aux mères célibataires confrontées à la stigmatisation sociale afin qu’elles n’abandonnent pas leurs enfants. Il invite également l’ensemble des parents à assumer pleinement leurs responsabilités pour assurer l’éducation et l’épanouissement des jeunes générations.
Les réseaux sociaux, une nouvelle source de préoccupations
De son côté, la (FENADEB) Fédération Nationale des Associations Engagées dans le domaine de l’Enfance au Burundi s’inquiète de la montée des contenus inappropriés sur les réseaux sociaux accessibles aux enfants. Son porte-parole, Ferdinand Simbaruhije, observe une augmentation des publications banalisant la nudité, la violence, l’irrespect et certains comportements jugés déviants.
Selon la FENADEB, ces dérives sont favorisées par un accès non contrôlé aux réseaux sociaux et par un manque de vigilance de certains parents dans l’accompagnement numérique de leurs enfants. L’organisation estime que cette situation contribue à l’érosion des valeurs culturelles et sociales tout en exposant les enfants à divers risques pour leur développement.
Ferdinand Simbaruhije souligne également les conséquences sanitaires liées à une utilisation excessive des outils numériques, notamment la fatigue visuelle, les troubles du sommeil et l’isolement social.