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Système éducatif burundais en difficulté : départs massifs et baisse de performance scolaire

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 Les acteurs impliqués dans le secteur de l’éducation déplorent la détérioration de la qualité de l’enseignement observé dans ces jours. Ils évoquent la mauvaise maîtrise de la langue française utilisée pour enseigner, ils considèrent que cela est dû à la précarité économique des enseignants. Pour y faire face ces acteurs demandent à l’Etat d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants afin de les motiver.

 A l’issue de la conférence publique organisée par La Benevolencija à Bujumbura ce jeudi 18 février 2026 les scientifiques et politiciens se sont exprimé. Le professeur Joseph Ndayisaba, spécialiste en science de l’éducation fustige les graves lacunes linguistiques qui compromettent l’acquisition des connaissances autres que les langues : « Les élèves y compris ceux de l’université nous parviennent avec des graves lacunes linguistiques lesquelles compromettent l’acquisition des autres connaissances qu’ils ne parviennent pas à maîtriser faute de français .Même à l’université ,il arrive  que certains étudiants ne saisissent pas l’enseignement dispensé notamment lorsque celui-ci est dispensé dans un français trop complexe.

Olivier Nkurunziza, président du parti Uprona quant à lui trouve que la politique utilisée pour nommer les directeurs freine la qualité de l’enseignement. Pour Evariste Ngayimpenda, professeur et ancien recteur de l’université du Lac Tanganyika questionne la problématique de classes pléthoriques dans ce secteur : »Quelle superficie réglementaire un établissement scolaire devrait avoir et quel effectif maximal d’élèves à ne pas dépasser ? « 

La fuite des cerveaux décriée

S’exprimant au sujet des départs massifs des intellectuels a l’étranger, Alexis Nimubona, chargé de la communication a Olucome distingue trois catégories des groupes ciblés par ce flux des départs. Pour lui, c’est la jeunesse qui est touchée en premier lieu. Après les jeunes vient le groupe de filles et des femmes et celui des intellectuels.  Quant à cet activiste, cela est occasionnée par la pauvreté extrême des familles et la démographie galopante, les actes de corruption, la dépréciation de la monnaie qui fait que le burundais soit incapable de vivre dans le pays et cherche à aller chercher la vie ailleurs.

La motivation de l’enseignant changerait la situation

Dans cette conférence publique sous le thème: ̋Réforme de léducation au Burundi, quelle évaluation ?  Godefroid Gahungu, professeur d’université propose que le gouvernement augmente le salaire des enseignants en vue de le motiver : »Nous demandons que l’enseignant bénéficie d’un traitement salarial adéquat ainsi que d’autres mesures de soutien susceptibles d’améliorer ses conditions de vie et de travail afin de les motiver davantage. J’en profite également pour dénoncer quelques propos tenus sur les réseaux sociaux qui tendent à démoraliser les enseignants.

Ces propos sont confirmés par le ministre ayant l’enseignement dans ses attributions. Pour François Havyarimana, les salaires des enseignants sont insuffisants et que si jamais les moyens financiers le permettraient il serait nécessaire de leur augmenter les salaires: « Que ça soit au niveau de l’enseignement fondamental, post-fondamental et universitaire, le nombre d’enseignants qui abandonnent leurs postes est très élevé. Nous enregistrons environs 1800 départs. Ces chiffres couvrent la période allant du mois d’ août 2025 jusqu’au 17  janvier .Parmi eux, 678 enseignants ont quitté leur emploi  pour chercher du travail a l’étranger au niveau universitaire .Depuis 2020,le nombre de départs ne cesse  également d’augmenter .Parmi les enseignants titulaires d’un doctorat  47 ont déjà quitté leur fonction .Les enseignants affirment  que leurs salaires sont insuffisants et nous partageons ce constat car nous vivons de la même réalité .En tant que ministre de l’éducation si les moyens financiers le permettraient ,il serait nécessaire d’augmenter les salaires des enseignants .«

Rappelons que les recommandations des états généraux sur l’éducation tenus il y a trois ans ne sont pas encore mises en application.

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