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Bujumbura : L’incendie relance le débat sur la sécurité

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Deux galeries commerciales, communément appelées Chez Ndayizamba et Le Parisien, ont été ravagées par un incendie vendredi 21 août 2026 au matin, causant d’importantes pertes pour les commerçants. Alors que les victimes déplorent la perte de leurs marchandises, cet incendie relance les inquiétudes sur la prévention des incendies dans les espaces commerciaux. Des voix, dont celle de l’OLUCOME, réclament une enquête indépendante sur les causes de ces sinistres à répétition.

C’est vers 6h10 du matin que le feu s’est déclaré dans les deux galeries, selon des habitants présents dans les environs. Rapidement, les flammes se sont propagées, laissant les commerçants et les propriétaires des marchandises dans une profonde désolation.

Certains commerçants, en larmes, tentaient de sauver ce qui pouvait encore l’être. Hilaire Ndayizamba, l’un des propriétaires d’une des galeries touchées, aurait lui aussi tenté d’intervenir, avant d’en être empêché par les forces de l’ordre et de sécurité présentes sur place. Une situation qui a suscité la frustration de plusieurs commerçants qui assistaient, impuissants, à la destruction de leurs biens.

Les services de la Protection civile et des équipes de secours se sont mobilisés pour tenter de maîtriser l’incendie. Mais la puissance des flammes a rendu l’intervention particulièrement difficile.

Des pertes au-delà des marchandises

Pour Dr Diomède Ninteretse, expert en économie, les conséquences d’un incendie dans un marché dépassent largement la destruction des marchandises.

« Lorsqu’un marché est brûlé, ce ne sont pas seulement les marchandises qui disparaissent. C’est un capital qui est détruit, ce sont des années d’épargne, des individus qui ont fait beaucoup d’efforts. Ce sont aussi des emplois qui sont perdus, des crédits bancaires engagés, des revenus familiaux et des recettes fiscales qui partent en fumée », explique-t-il.

Selon cet économiste, la répétition de tels incendies révèle surtout des insuffisances en matière de prévention et de sécurité.

Il appelle ainsi à un audit national de la sécurité incendie dans tous les marchés du pays, ainsi qu’à la mise en place d’un registre national permettant de mesurer les pertes économiques provoquées par les incendies.

« Nous devons connaître, marché par marché, ce que le pays perd en capital, en emplois et en recettes fiscales », insiste-t-il.

Le gouvernement encourage les commerçants à souscrire aux assurances

Présent sur les lieux, le vice-président de la République, Prosper Bazombanza, déplore l’ampleur du sinistre. Il indique que les autorités avaient été alertées dans la matinée avant de mobiliser les services compétents.

Considérant les pertes enregistrées, il invite les commerçants à davantage recourir aux assurances.

Selon Prosper Bazombanza, le Burundi compte plus d’une quinzaine de compagnies d’assurance, auxquelles les commerçants et les propriétaires des immeubles devraient faire appel afin de bénéficier d’une indemnisation en cas de sinistre.

Il a également appelé les propriétaires des bâtiments commerciaux à assurer leurs immeubles, évoquant notamment les mécanismes de réassurance qui permettent de mutualiser les risques.

L’OLUCOME réclame une enquête indépendante

Du côté de la société civile, l’incendie suscite également de vives préoccupations.

Pour Alexis Nimubona, chargé de la communication à l’OLUCOME, ces deux galeries viennent s’ajouter à une longue liste d’espaces commerciaux touchés par des incendies au Burundi.

Il déplore l’absence, selon lui, de mesures suffisantes permettant de déterminer les causes de ces sinistres et d’empêcher leur répétition.

« L’impact est énorme sur l’économie burundaise parce qu’une grande partie des impôts et des taxes venait de ces places. Pour les entrepreneurs, c’est aussi horrible parce que ces deux places faisaient vivre plusieurs familles. Un grand nombre de personnes se retrouvent au chômage », souligne Alexis Nimubona.

Il rappelle également que plusieurs commerçants concernés ont contracté des crédits auprès des banques. L’OLUCOME demande donc au gouvernement de venir en aide aux entrepreneurs victimes de l’incendie.

L’organisation réclame surtout une enquête indépendante sur les causes des incendies qui touchent régulièrement les marchés et autres centres commerciaux du pays. Pour Alexis Nimubona, l’absence d’enquête et de mesures de prévention risque de favoriser la répétition de tels drames.

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