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Bujumbura : le manque de bancs-pupitres perturbe l’apprentissage dans plusieurs écoles

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Dans plusieurs écoles de la capitale économique Bujumbura, le manque de bancs-pupitres constitue un problème majeur qui affecte les conditions d’apprentissage des élèves. Dans certains établissements, les enfants sont contraints de partager un même banc à quatre ou cinq, tandis que d’autres doivent s’asseoir par terre pendant les cours

Une situation préoccupante à l’école fondamentale Kanyosha I

Au sud de la capitale, à l’école fondamentale Kanyosha I, la situation est particulièrement préoccupante. Selon Egide Nshimirimana, directeur de cet établissement, le nombre élevé d’élèves explique en grande partie cette insuffisance. « Il y a un manque de bancs-pupitres parce que nous avons beaucoup d’enfants. Dans certaines classes, les élèves s’assoient à quatre ou à cinq sur un même banc », explique-t-il.

Le problème observé aussi dans le nord de la capitale

Ce manque de bancs-pupitres ne se limite pas au sud de la ville. Dans le nord de Bujumbura, notamment à l’école fondamentale Cibitoke I, certains élèves sont également contraints de suivre les cours dans des conditions difficiles. Dans trois salles de classe sur les quatorze que compte cet établissement, entre cinq et dix élèves s’assoient par terre faute de bancs. À Kinama II, communément appelée Ave Maria, les élèves de la 1ère année A, de la 5ème année A ainsi que ceux de la 6ème année B sont souvent obligés de partager les bancs à trois ou quatre.

D’autres établissements, comme Kinama IV, Carama et le lycée municipal Nyabagere, situés à proximité du Centre Jeunes Kamenge, sont également touchés par cette pénurie. Dans ces écoles, les élèves s’assoient généralement à trois par banc.

Des conséquences sur le rendement scolaire

Lors de notre passage dans ces établissements dans l’avant-midi de ce mardi, il a été constaté que ce manque de bancs-pupitres a des répercussions directes sur les performances scolaires des élèves.

Selon Egide Nshimirimana, un élève mal installé ne peut pas bien suivre la leçon.

« Cette situation a des conséquences sur le rendement scolaire. Un enfant qui est mal assis ne peut pas bien assimiler la leçon. Il ne peut pas mieux écrire. Lorsqu’un élève est assis par terre, il lui est difficile d’apprendre correctement », souligne-t-il.

Un appel à l’intervention du gouvernement

Face à cette situation, le directeur de l’école fondamentale Kanyosha I espère une intervention rapide des autorités. Il souhaite que le gouvernement fournisse davantage de bancs-pupitres afin d’améliorer les conditions d’apprentissage et d’augmenter le taux de réussite des élèves.

 

Un syndicaliste dénonce un problème persistant dans le secteur éducatif

Face à cette situation, certains acteurs du secteur de l’éducation tirent la sonnette d’alarme. Antoine Manuma, président de la FENASSEB estime que le manque de bancs-pupitres fait partie des nombreux défis qui continuent de hanter le système éducatif.

Selon lui, l’insuffisance du matériel scolaire, notamment les bancs-pupitres, compromet sérieusement la qualité de l’enseignement dans plusieurs établissements du pays.

Il explique que des élèves qui s’assoient à trois, quatre ou même par terre ne peuvent pas étudier dans de bonnes conditions. Cette situation rend difficile la concentration en classe et limite la capacité des enfants à suivre correctement les leçons.

Pour ce syndicaliste, l’amélioration des conditions d’apprentissage doit être une priorité, surtout dans un contexte où les effectifs scolaires ne cessent d’augmenter.

Pour lui, des enfants qui abandonnent l’école ne cessent d’augmenter dans la province de Burunga. Selon les données disponibles, 11 400 élèves ont quitté l’école au cours du premier trimestre de l’année scolaire 2025-2026.

Parmi ces élèves, 10 847 proviennent de l’école fondamentale, tandis que 47 filles ont abandonné leurs études à la suite de grossesses non désirées.

Une situation confirmée par les autorités éducatives

Cette situation a été confirmée par le directeur provincial de l’éducation en province de Burunga. De son côté, le chef du département de l’éducation dans la commune de Burunga avait déjà annoncé que plus de 2 000 élèves avaient abandonné l’école durant le premier trimestre de l’année scolaire en cours.

Selon Manuma, dans la zone Bukinanyana de la commune Cibitoke, les responsables scolaires indiquent également que plus de 1 040 élèves ont quitté les bancs de l’école pendant la même période.

Quant à cet acteur du secteur de l’éducation, les responsables éducatifs évoquent plusieurs facteurs expliquant cette situation. Parmi les principales causes figurent la paupérisation des familles, qui limite la capacité des parents à soutenir la scolarité de leurs enfants, ainsi que le manque de sensibilisation sur l’importance de l’éducation.

Cet acteur déplore que la situation intervient dans un contexte marqué par la montée du chômage chez les jeunes diplômés, ce qui décourage parfois certains élèves de poursuivre leurs études alors que la politique de gratuité de l’enseignement mise en place par le gouvernement vise à permettre à tous les enfants d’accéder à l’école.

Alors que le gouvernement affiche l’ambition de faire du pays un État émergent en 2040 et développé en 2060, certains observateurs estiment qu’il est nécessaire de prendre des mesures efficaces pour encourager les enfants à rester à l’école.

Le gouvernement promet d’accélérer la fabrication des bancs-pupitres

Le ministre de l’Éducation nationale, François Havyarimana, indique que l’opération de fabrication des bancs-pupitres a déjà commencé dans différentes localités du pays.

Selon lui, une descente est prévue dans plusieurs provinces afin de s’enquérir de l’état d’avancement de cette activité et d’en dresser le bilan.

Quant au ministre de l’éducation nationale, cette évaluation permettra également d’identifier les défis rencontrés sur le terrain. Le ministre annonce par ailleurs que la deuxième phase de cette opération tiendra compte des besoins spécifiques de chaque commune, afin de mieux répondre au manque de bancs-pupitres dans les écoles.

Dans le cadre de cette initiative, François Havyarimana appelle toutes les parties prenantes à travailler main dans la main pour assurer la réussite de cette activité.

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