L’association ABBA condamne fermement la décision de brûler les marchandises de la société TBC, appartenant au commerçant connu sous le nom de « Nahoum ». Elle pointe du doigt le BBN, estimant que cette action a causé des pertes non seulement à cet homme d’affaires, mais aussi à l’économie nationale. De son côté, le BBN nie toute implication dans cette affaire, tout en précisant que les marchandises détruites ne répondaient plus aux normes en vigueur.

Alors que, le 18 novembre, 40 conteneurs de marchandises appartenant à l’homme d’affaires Nahoum Barankiriza, patron de la société Tanganyika Business Company (TBC), ont été brûlés, l’association ABBA a qualifié cette action d’ignoble tout en accusant le BBN d’être derrière cet acte.
Selon Jean Bosco Ndereyimana, représentant légal de l’association de la société civile Abana Bacu (ABBA), cette décision risque de décourager les initiatives des investisseurs, tant étrangers que nationaux, et d’aggraver le taux de chômage dans le pays.
« La décision prise par la BBN de mettre le feu sur les articles de commerce de la société TBC appartenant à l’homme d’affaires Nahoum, suite à la dégradation de ces commerces, composée de la plupart des friperies, comme les habits, les tapis, les tissus et autres articles de seconde main, car ce ne sont pas des articles importés directement des usines. »
L’ABBA estime qu’il aurait été mieux que l’OBR vende ces marchandises aux enchères, afin que l’État en tire un bénéfice, plutôt que de les laisser être brûlées.
« C’est vraiment incompréhensible d’entendre que ces articles venaient de passer plus de sept ans dans les entrepôts bien connus par l’OBR, suite à la mésentente entre la société TBC et l’OBR. Concernant les taxes, on peut se demander si le propriétaire de ces 40 conteneurs n’avait pas vraiment déclaré ces marchandises ou bien s’il a importé des articles non admis ici chez nous. »
Il dénonce une perte pour le Burundi : « L’État burundais vient de perdre, mais aussi ce commerçant vient de perdre plusieurs millions et surtout qu’il avait donné du travail aux jeunes et des familles qui travaillaient chez lui. Cela décourage d’autres investisseurs et pousse même ceux qui sont ici au Burundi à fuir le pays pour aller investir à l’étranger. »
L’ABBA appelle l’État burundais à rester à l’écoute des préoccupations des commerçants.
Le BBN se défend : « On n’y est pour rien. »

Samuel Ndayiragije, directeur général du Bureau burundais de normalisation et de contrôle de la qualité (BBN), nie toute implication dans la destruction des marchandises de la société TBC.
« Il y a eu un courrier qui a été émis par le commissaire des douanes des assises de l’OBRR. L’objet, c’était la demande d’inspection de marchandises. Pour constater l’état des marchandises de la société TBC, il fallait que je dépêche mes inspecteurs dans cet entrepôt-là pour voir l’état des marchandises. Les résultats de l’inspection du BBN ont révélé que ces marchandises ne répondaient plus aux normes. »
Le BBN explique que ces marchandises représentaient un danger pour la population et devaient, par conséquent, être retirées de la circulation.
« Ce n’est pas le BBN qui les a détruites, on n’y est pour rien. Moi, j’ai transmis le rapport qui a été établi par mes inspecteurs, que ces marchandises étaient en mauvais état. Alors, ceux qui les ont détruits, ont probablement retourné au niveau de l’entrepôt avec notre rapport en main, et ils ont pris la décision le jour J de les détruire. Je viens de l’apprendre maintenant que ces marchandises ont été détruites. »
Pour rappel, la destruction de ces marchandises a eu lieu le mardi 18 novembre à Gihanga, dans la commune Mpanda de la province Bujumbura. Ces marchandises avaient été saisies par l’OBR depuis 2018, en raison du refus de dédouanement par la société TBC, qui estimait que les frais exigés étaient excessifs.