Le Premier ministre déplore la location coûteuse de bureaux pour les services publics, alors que l’État dispose de plein de ses propres bâtiments. Il exige un recensement immédiat de toutes les infrastructures étatiques afin d’identifier les biens disponibles et mettre fin à la dépendance aux bâtiments privés. Quant au ministre des Finances, l’État débourse chaque mois 9 milliards de fbu pour louer ses bureaux, alors qu’il ne perçoit que 500 millions en loyers des bâtiments qu’il possède.

Lors d’une réunion tenue ce mardi 11 novembre avec les ministres et les gouverneurs, le Premier ministre a déploré que l’État burundais continue de louer environ 300 maisons pour ses services, alors qu’il dispose pourtant de plus de 600 bâtiments qui lui appartiennent.
Selon Nestor Ntahontuye : « Nous n’avons pas encore terminé de faire la liste des maisons, mais nous louons environ 300 bâtiments. Mais, l’État a plus de 600 bâtiments selon la base de données actuelle. Si l’État occupe ces maisons, il reste plus de 300 bâtiments déjà. »
Il a annoncé le rapatriement de tous les bâtiments de l’État sous sa gestion directe, avec l’objectif de mettre fin progressivement à la location, en commençant par les services situés à l’intérieur du pays.
« Tous les locataires, surtout à l’intérieur du pays, doivent quitter les maisons pour y affecter les bureaux de l’État. Les services communaux, provinciaux et des ministères doivent occuper ces bâtiments de l’État. Nous attendons aussi, de nos objections du prochain Conseil des ministres, pour débloquer environ 500 millions à donner aux gouverneurs pour la réhabilitation de ces maisons selon la priorité. »
François Havyarimana, ministre de l’Éducation, demande que les maisons de l’État louées à bas prix par les enseignants restent mises à leur disposition afin de faciliter leur mission d’enseignement.
« Il existe des maisons situées près des écoles, notamment celles à régime d’internat, mises à la disposition des enseignants pour faciliter leur travail. Il ne faudrait pas les leur retirer. »
Alain Ndikumana, ministre des Finances, indique que l’État débourse chaque mois 9 milliards de francs burundais pour louer des bureaux destinés aux services publics.
« L’État paie chaque mois 9 milliards de francs burundais dans la location de ses bâtiments, mais ne perçoit que 500 millions de la part de ses locataires. Cela représente une perte mensuelle de 8 milliards et 500 millions, avec tous les immeubles que possède l’État. »
En réponse, M. Ntahontuye a insisté en priorité sur la finalisation des listes des maisons de l’État et de celles louées pour ses activités, afin de constituer une base de données actualisée. Cela permettra d’identifier les bâtiments non occupés par les services de l’État et d’y réaliser d’éventuels projets.
« Nous allons vous remettre la base de données existante. Si un bâtiment ne s’y trouve pas, veuillez l’ajouter. Par la suite, tout bâtiment découvert en dehors de cette liste sera considéré comme un cas de vol. »
Quant aux enseignants, il les rassure en affirmant que les maisons mises à leur disposition ne leur seront pas retirées.
Premier ministre invite à la gestion en bon père de famille
Le Premier ministre Ntahontuye a également déploré le manque de base de données actualisée sur les maisons de l’État en location et a exigé que le ministre des Infrastructures transmette tous les contrats de location au ministère des Finances dans un délai d’une semaine.
« Le ministre en charge des infrastructures, certes vous êtes nouveau en fonction, mais il y a des anciens au sein de votre ministère. Comment vous n’avez pas de base de données des maisons en location alors que c’est votre tâche ? »
Selon lui, cette demande remonte à son passage au ministère des Finances, et même à son époque de député: « On nous mettait toujours en attente. Je demande aux ministres et gouverneurs de prendre les choses en main et de tout gérer en bon père de famille. »
Le Premier ministre trouve incompréhensible qu’un ministre sollicite des informations ou des statistiques auprès d’un autre ministre et ne les reçoive pas, surtout alors que les services compétents sont présents et opérationnels dans les bureaux.
« Nous avons demandé un bâtiment au ministère en charge de l’Éducation pour le réhabiliter et l’utiliser, j’étais ministre des Finances. Ils ne nous l’ont pas donné. C’est un privé qui a loué cette maison de l’État, le ministère des Finances a été obligé d’aller chercher ailleurs une autre maison à louer pour une somme énorme. »
Il ajoute : « Monsieur le ministre, que tous les contrats de locations soient donnés au ministère des Finances durant cette semaine pour analyse et ce n’est pas une tâche difficile. S’il n’y en a pas, c’est un constat et c’est une leçon. »
Cela intervient alors que la Primature, accompagnée de certains ministres, notamment ceux des Finances, de l’Environnement et des Infrastructures, a récemment effectué une tournée dans plusieurs provinces. M. Ntahontuye a confirmé l’existence de maisons de l’État occupées gratuitement ou louées à des prix dérisoires, parfois à 6 000 ou 10 000 FBu par mois, ainsi que l’existence de bâtiments publics encore non répertoriés.