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Complexe théicole de Buhoro : en difficulté faute d’ouvriers

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La coopérative « Complexe théicole de Buhoro », située en commune Mugina dans la province de Bujumbura, déplore un manque de main-d’œuvre pour la cueillette du thé. Son représentant attribue cette pénurie aux faibles salaires, poussant de nombreux ouvriers à se tourner vers l’exploitation minière, jugée plus rentable. Il appelle l’État à intervenir pour améliorer la rémunération des travailleurs du secteur théicole.

Célestin Ntirampeba, représentant de la coopérative de théiculteurs « Complexe théicole de Buhoro », estime que, malgré la récente révision à la hausse du prix du kilo de thé, l’État devrait encore l’ajuster afin d’encourager les ouvriers à rester dans ce secteur.

« Je dirais que c’était la première fois que l’État a augmenté le prix du kilo de thé, et cela, nous l’avions salué. Mais cela a entraîné une réaction pour les théiculteurs. Ils nous ont demandé de doubler leur salaire, passant de 100 à 200 francs le kilo. En refusant, ils ont abandonné les plantations. Ils ont expliqué que 200 francs le kilo était insuffisant, car un théiculteur qui cultive avec une houe gagne environ 8000 francs, parfois jusqu’à 10 000 fbu par jour. »

Il ajoute : « Finalement, nous avons accepté de les payer 200 francs par kilo, car nous n’avions pas d’autre choix. Ensuite, un autre problème est apparu dans la région de Buhoro, l’exploitation de l’or. Un ouvrier dans une mine d’or est payé entre 8 000 et 10 000 francs par jour, voire jusqu’à 15 000 francs en plus d’être nourri. Nous avons vu les théiculteurs partir en courant vers les mines d’or, attirés par ces meilleures conditions. »

D’après M. Ntirampeba, la coopérative est actuellement confrontée à un manque de main-d’œuvre pour la cueillette du thé.

« Nous ne pouvons pas cueillir le thé nous-mêmes, c’est trop dur. Nous demandons plutôt une nouvelle fois à l’État, par l’intermédiaire de l’OTB, de nous aider en augmentant le prix du kilo, afin de faire revenir nos théiculteurs qui ont fui cette culture. »

OTB : « Les théiculteurs devraient se réjouir. »  

Mukundwa Jules, directeur de l’Office du Thé du Burundi (OTB), affirme que les théiculteurs ont un rôle essentiel à jouer dans l’augmentation du prix du thé, notamment en améliorant la production.

« Quel que soit l’effort fourni, il mérite d’être salué. Certes, nous ne sommes pas encore parvenus à un niveau où chaque théiculteur peut pleinement s’épanouir, mais les progrès réalisés ne sont pas négligeables. Comme représentant des agriculteurs, vous devez reconnaître qu’il y a déjà eu des avancées. »  

Il donne comme exemple : « C’est comme un enfant qui demande beaucoup de choses à la fois alors que son parent n’a que peu de moyens. L’enfant ne rejette pas ce qu’on lui donne sous prétexte qu’il n’a pas tout reçu. De la même manière, l’État est comme un parent », il garantit que la situation va progressivement s’améliorer.

Il souligne qu’un agriculteur ne devrait pas baisser les bras, car sa contribution dans la récolte représente environ 70 %.

« Lorsque la récolte est bonne et que la production est bien vendue, les bénéfices reviennent aux théiculteurs. Si nous remarquons que les choses n’avancent pas aussi vite que nous le souhaitons, c’est à ce moment-là qu’il faut analyser la situation et chercher des solutions. Par ailleurs, l’amélioration ne vient pas seulement de l’augmentation des revenus, mais aussi de la hausse de la production.  

Il ajoute : « Par exemple, si auparavant tu récoltais 500 kg, et qu’en prenant bien soin de ton champ tu parviens à en récolter 750 kg, tu as déjà augmenté tes revenus grâce à tes propres efforts », explique-t-il.

 

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