Certains habitants de la colline Nini, située dans la zone Gashikanwa, province Butanyerera, signalent l’existence de conflits entre leaders religieux, engendrant un climat de mésentente parmi les fidèles. Selon eux, ces tensions sont souvent motivées par des intérêts personnels que certains responsables cherchent à satisfaire. Une situation que confirme également le chef de zone Gashikanwa.

Les habitants de la colline Nini, en zone Gashikanwa, commune Tangara, province Butanyerera, affirment que des disputes entre leaders religieux peuvent perturber la cohésion sociale.
Un parmi eux estime : « Ils peuvent se disputer à propos des biens de l’Église, notamment de l’argent déposé sur les comptes, mais l’origine principale de ces querelles réside dans les profits que certains tirent des activités religieuses. »
Un musulman habitant cette colline explique : « Dans certaines mosquées, des divisions sont apparues. Les fidèles se sont séparés en deux groupes, les uns soutenant le comité de la COMIBU, les autres celui de la COSUBU. »
Ces habitants expliquent que ces conflits peuvent avoir de graves conséquences, notamment en déclenchant des violences de masse.
« Ces conflits au sein des communautés religieuses ont des conséquences car ils entrainent des rancunes et des divisions entre les croyants. Il arrive même que des bagarres éclatent, provoquant des blessures. »
Jean-Marie Niyonkuru, chef de zone Gashikanwa, confirme cette situation et précise que lorsque ces conflits sont signalés, les autorités locales interviennent pour tenter de les résoudre.
« Parfois, ce sont les dirigeants religieux eux-mêmes qui se disputent. Mais dès qu’ils nous en informent, nous intervenons dans la mesure du possible pour rétablir l’ordre. Ces querelles trouvent souvent leur origine dans la gestion administrative des églises. »
Il cite en exemple les conflits qui ont opposé certains musulmans de la colline Nini.
« Par le passé, un conflit a opposé les musulmans de la communauté COMIBU à ceux de la communauté COSUBU. Informé de la situation par les responsables des deux parties, je me suis rendu sur place. Après avoir écouté les préoccupations de chacun, j’ai quitté les lieux avec une solution qui a permis d’apaiser les tensions », dit-il.
Symphorien Ntibagirirwa : « Il faut revenir aux valeurs spirituelles. »
L’abbé Symphorien Ntibagirirwa, professeur d’éthique, de leadership et de gouvernance, indique que l’une des principales causes de ces conflits entre leaders religieux réside dans les problèmes de succession, certains refusant d’accepter les responsables désignés pour leur succéder.
« Les conflits sont de plusieurs sortes. Il y a d’abord les conflits qui sont liés à la succession, quand un leader qui était là change, les gens peuvent ne pas s’entendre sur qui est le successeur. L’autre, c’est qu’il y a des églises qui ne sont pas institutionnalisées et donc il y a des conflits qui peuvent naitre et surtout que les gens peuvent ne pas se comprendre et interpréter différemment. »
Selon l’abbé Ntibagirirwa, cela peut conduire à une division interne au sein de l’Église et au sein des fidèles.
« Je pense qu’il faut s’asseoir ensemble et négocier. Il faut qu’il y ait quand même une médiation. »
Il estime que les dirigeants religieux devraient revenir aux valeurs spirituelles fondamentales, en particulier à l’enseignement de l’amour et de la fraternité.