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Bujumbura : des toilettes avant les amendes, exigent les habitants

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Certains habitants de la capitale Bujumbura se plaignent de la récente ordonnance ministérielle conjointe prévoyant des sanctions contre ceux qui se soulagent en plein air. Ils estiment qu’une telle mesure est difficilement applicable dans un contexte où de nombreux lieux publics manquent de latrines. Selon eux, l’État devrait d’abord investir dans la construction de ces infrastructures et prévoir des mesures d’accompagnement.

Dans plusieurs endroits de la capitale économique Bujumbura, notamment le long de certaines routes telles que le boulevard Mwezi Gisabo, le boulevard de l’Uprona, la chaussée du Peuple Murundi, ainsi que dans de nombreux lieux très fréquentés du centre-ville, la radio Bonesha FM a constaté l’absence de toilettes publiques.

Certains habitants de la capitale estiment que, malgré les sanctions prévues contre ceux qui se soulagent en plein air, le chemin reste encore long tant que les infrastructures sanitaires publiques ne sont pas disponibles.

« Le chemin à parcourir reste encore long, car même si cette mesure a été prise, il n’existe toujours pas de toilettes publiques, que ce soit le long des routes ou ailleurs. Alors où veut-on que les gens se soulagent ? »

 Selon lui, cette décision n’aurait pas dû être adoptée avant la construction des toilettes publiques : « On aurait dû plutôt punir ceux qui ne les utiliseraient pas une fois qu’elles seraient disponibles. »

Un autre fait savoir que, par le passé, des toilettes publiques avaient été construites, mais qu’aujourd’hui, nul ne sait ce qu’elles sont devenues.

« Sous le régime de Bagaza, il existait bien quelques toilettes publiques, ce qui permet à ceux qui veulent se soulager de les faire sans difficulté. Même au marché de Muzinda, il y avait autrefois des toilettes publiques, mais personne ne sait ce qu’elles sont devenues. Les autorités ont donc décidé d’infliger des amendes, mais alors une personne devrait-elle uriner dans sa voiture ? »

Dans certains marchés visités par la radio Bonesha FM, des toilettes existent. Cependant, les commerçants révèlent qu’un montant de 500 FBu leur est exigé pour y accéder, une somme qu’ils jugent trop élevée, d’autant plus qu’il arrive qu’ils ne disposent pas toujours de cet argent.

Ils recommandent au gouvernement burundais d’investir le plus dans la construction des toilettes publiques dans les lieux très fréquentés afin de renforcer l’hygiène et la propreté dans la ville de Bujumbura.

 

L’UPD réclame des préalables

Abdoul Kassim, le président du parti UPD Zigamibanga, quant à lui, trouve que les habitants seront victimes de cette mesure. Il estime qu’il devrait y avoir des préalables pouvant aider dans la mise en application de cette mesure.

Abdoul Kassim, président du parti UPD Zigamibanga, estime que cette mesure risque de pénaliser injustement les citoyens.

« Nous avons lu attentivement cette ordonnance. En soi, l’idée est très bonne parce que c’est dans le souci d’assurer l’hygiène et la propreté dans le pays et en fait de lutter contre les maladies de mains sales. Néanmoins, sa mise en application est vraiment douteuse parce qu’on ne trouve pas les latrines le long des routes ou des voies rues, que ce soit en ville, que ce soit vers l’intérieur du pays, il n’y en a pas. »

Il suggère au gouvernement de s’atteler à résoudre le problème du manque de latrines publiques, mais aussi celui des fontaines publiques, afin que l’hygiène devienne une réalité à travers le pays.

« Alors, il est difficile maintenant de parcourir plusieurs distances pour certaines personnes sans que l’on puisse satisfaire son besoin. Si on se place maintenant de l’autre côté, il n’y a pas de faute parce qu’avant de légiférer, on devait mettre en place des mesures qui permettraient que l’infraction ne soit pas commise. »

 Rappelons que la récente ordonnance ministérielle conjointe fixant les amendes en matière d’hygiène et de salubrité prévoit, dans son article 2, une sanction de 5 000 FBu à l’encontre de toute personne surprise en train de se soulager en dehors des installations sanitaires appropriées.

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