L’association Ntabariza déplore que, malgré les 20 ans de gouvernance du parti CNDD-FDD, certaines personnes restent toujours emprisonnées, alors même qu’elles disposent de preuves écrites d’acquittement délivrées par les tribunaux. Elle appelle les autorités judiciaires à respecter les décisions de justice, et exhorte le CNDD-FDD à éviter de promouvoir des procureurs animés de mauvaises intentions.

Dans une conférence de presse animée le mercredi 4 septembre par l’association Ntabariza, son président a exprimé ses inquiétudes face aux détentions injustes qui se remarquent encore, ce qui constitue des barrières au développement du pays.
Selon Jean-Marie Nshimirimana, président de l’association Ntabariza, le domaine de la justice du Burundi ne fonctionne pas comme il faut : « C’est le moment d’évaluer les actions menées par le parti au pouvoir au cours des 20 dernières années. À l’occasion de cette célébration, nous avons aussi le devoir de lui adresser des remarques, notamment sur ce qui ne fonctionne pas correctement, en particulier dans le domaine de la justice. »
Il appelle le gouvernement à remplacer certains procureurs qui, selon lui, abusent de leur pouvoir en emprisonnant des innocents.
« Nous demandons que les magistrats ou autres justiciers qui abusent de leur pouvoir soient remplacés, d’autant plus que le peuple a massivement voté pour ce parti, en espérant que ses droits seraient protégés. »

Cependant, il reconnaît qu’il y a eu de bonnes réalisations du pays CNDD-FDD : « Nous ne disons pas que toutes les actions du parti au pouvoir sont mauvaises, loin de cela. Nous reconnaissons qu’il y a eu de bonnes réalisations dans le pays, mais un prisonnier ou la famille d’un détenu injustement ne peuvent pas affirmer que ce parti accomplit correctement sa mission, surtout lorsque ce dernier est impliqué dans la nomination de certains magistrats ou procureurs. »
Il appelle également le CNDD-FDD à éviter de promouvoir des procureurs mal intentionnés et à ne pas leur confier d’autres postes : « Nous lançons également un appel aux procureurs qui incarcèrent des citoyens sans preuves valables de se mettre à la place de ces détenus pour juger avec équité », dit-il.