L’ABUCO s’inquiète de la politique de collecte des maïs par l’ANAGESSA. Le secrétaire général de cette association déplore la pourriture de graines de maïs dans certains stocks de l’ANAGESSA et la nouvelle autorisation d’exporter ce produit. Il regrette que la mesure d’exportation risque d’écouler le marché local. Selon lui, l’ANAGESSA devrait d’abord corriger les irrégularités observées l’année dernière.

Noël Nkurunziza, le secrétaire général de l’Agence Burundaise des Consommateurs (ABUCO), fait savoir : « L’ABUCO a suivi de près l’autorisation à l’ANAGESSA de collecter plein de maïs et de le stocker, mais aussi d’autoriser la vente à l’extérieur du pays. Nous nous posons des questions, quant au reste du stock qui serait rendu sur le marché local ? »
Il se pose comme question de savoir qui sera autorisé à vendre les graines de maïs sur le marché, bien que les agriculteurs doivent vendre leurs récoltes à l’ANAGESSA : « Où est-ce que l’acheteur va trouver les graines de maïs ? »
Il argumente : « Il est d’usage que l’ANAGESSA stocke les graines de maïs, jusqu’à une période donnée, si bien que nous avons même constaté avec amertume que, dans certains stocks, ce produit périt. Nous pensons qu’il faut commencer d’abord à voir si jamais l’ANAGESSA a répondu positivement à l’ensemble des questions qui lui avaient été posées par les députés pour qu’ils soient rassurants, plutôt à l’endroit des agriculteurs. »
Selon M. Nkurunziza, les graines de maïs collectées par l’ANAGESSA ne devraient pas être vendues à l’étranger du fait qu’il peut y avoir une hausse de prix de ce produit sur le marché.
« Il n’y a pas de statistiques très fiables qui montrent que chaque ménage est autosuffisant en graines de maïs jusqu’à la prochaine récolte. C’est un ensemble de questions qui devait trouver les réponses avant d’avancer vers la commercialisation à l’extérieur, d’autant plus qu’il y a certaines régions où les stocks sont vides et qu’ils ont besoin d’être complétés. »
Il complète : « Il faudrait finalement essayer d’équilibrer partout pour qu’on se dise que nous avons un stock de réserve suffisant pour que, demain ou après-demain, le consommateur ne puisse pas manquer de graines de maïs sur le marché. »
Cela a été dit après l’annonce du ministre de l’agriculture dans une conférence de presse à Gitega en date du 16 juillet, où il précise que ceux qui se sont approvisionnés en graines de maïs de l’ANAGESSA ont désormais le droit de les exporter. Cette mesure a récemment suscité des questions au niveau de l’assemblée nationale.