Saisons agricoles déréglées, pluies extrêmes, grêle dans la plaine de l’Imbo, des milliers de personnes affectées. Pour l’environnementaliste Athanase Nkunzimana, ces phénomènes sont des signes clairs du changement climatique. Face à la multiplication des catastrophes naturelles, il plaide pour l’agriculture permanente, la protection des pentes et le renforcement de l’IGEBU (Institut Géographique du Burundi).

Le climat burundais se dérègle, et les agriculteurs sont en première ligne. C’est le constat de l’environnementaliste et professeur d’université Athanase Nkunzimana.
« La variabilité des saisons agricoles, la température élevée, les pluies excessives ou parfois tardives, ainsi que des chutes de grêle d’une intensité inhabituelle dans des zones épargnées, figurent parmi les principaux signes du changement climatique », affirme-t-il.
« Les saisons agricoles variables, la quantité de pluies élevée, ce sont des signes éloquents qui révèlent le changement climatique. Je peux aussi citer la température élevée, ainsi que les chutes de grêles inhabituelles », ajoute l’expert.
Il prend un exemple frappant : « Les études démontrent que les grêles ne peuvent pas tomber dans la plaine de l’Imbo, mais aujourd’hui, les choses ont changé. »
Selon Athanase l’universitaire, ces bouleversements climatiques favorisent la multiplication des catastrophes naturelles et des périodes de sécheresse, souvent accompagnées de maladies d’origine hydrique. Il résume en précisant que le changement climatique provoque aussi les maladies hydriques et la sécheresse.
Cultiver toute l’année pour s’adapter
Pour y faire face, l’environnementaliste mise sur l’adaptation des pratiques agricoles. « Il faut que les cultivateurs adoptent un comportement de cultiver 12 mois sur 12 si c’est possible. C’est l’une des solutions pour lutter contre les catastrophes naturelles », recommande-t-il.
Il s’agit d’étaler la production pour ne plus dépendre d’une seule saison, devenue trop imprévisible.
Quant à l’option de cultiver toute l’année, Nkunzimana indique qu’il faut cultiver toute l’année, mais pas n’importe où. L’expert met en garde contre les cultures sur des terrains en pente, afin de limiter les risques d’érosion des sols.
« Il y a des gens qui cultivent sur des terrains à forte pente, à tel point qu’il est difficile de comprendre comment ils parviennent à y cultiver. Il faut que cette réserve y cultive, sinon il devrait respecter les règles de la protection de l’environnement », insiste-t-il.
Renforcer l’IGEBU et appuyer l’irrigation
Athanase Nkunzimana lance un appel au gouvernement. Il demande de renforcer les moyens de l’IGEBU pour garantir la diffusion d’informations fiables et en temps opportun.
Pour lui, le gouvernement devrait augmenter le budget alloué à l’IGEBU, ce principal organe national fournisseur de prévisions, de données hydrométéorologiques et de bulletins agro- météorologiques au Burundi. Cela afin de donner des informations fiables et de trouver des matériels suffisants, sinon ça serait un problème.
Ce scientifique plaide également pour un appui accru aux agriculteurs, notamment dans le domaine de l’irrigation qui est indispensable pour produire en saison sèche.
Entre mars 2026 et 2024, le nombre de personnes affectées par les catastrophes naturelles est passé de 237 à 2997 au Burundi, selon l’OIM, l’OCHA et des experts locaux. Face à cette hausse, cultiver 12 mois sur 12 et renforcer l’IGEBU ne sont plus des options, mais des urgences selon Athanase Nkunzimana.