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Accotements à paver : l’État appelé à financer les travaux

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La politique de pavage des espaces situés le long des routes continue de susciter des réactions au sein de l’opinion. Si plusieurs observateurs reconnaissent l’importance de cette initiative pour l’embellissement des villes et l’amélioration de l’hygiène publique, certains estiment toutefois que sa mise en œuvre ne devrait pas reposer sur les ménages mais un financement à venir de l’Etat.

Gaspard Kobako, président du parti AND Intadohoka, considère que le projet est louable dans son principe, mais conteste la responsabilité attribuée à la population. Selon lui, les travaux d’aménagement des accotements et des espaces situés devant les parcelles relèvent avant tout des missions de l’État.

Il souligne que la majorité des ménages burundais vivent déjà dans des conditions économiques difficiles et que leur imposer de nouvelles dépenses constitue une charge supplémentaire difficile à supporter. Pour lui, les infrastructures publiques doivent être financées et réalisées par le gouvernement, sans transférer cette responsabilité aux citoyens.

L’ancien député Pamphile Malayika partage également cet avis. Il reconnaît que l’aménagement et le pavage des espaces de recul entre les routes et les propriétés privées contribuent à l’amélioration de l’urbanisme, de l’hygiène et de la salubrité publique. Toutefois, il estime que cette politique représente une surcharge financière pour de nombreux ménages qui peinent déjà à entretenir ou réhabiliter leurs habitations.

Selon lui, le gouvernement devrait prendre en charge ces travaux à travers les institutions compétentes, en l’occurrence l’ARB (Agence Routière du Burundi, afin de garantir une exécution harmonisée et conforme aux schémas d’aménagement urbain.

Pamphile Malayika souligne aussi que ces espaces doivent être planifiés en tenant compte des besoins futurs liés à l’élargissement des routes, à l’installation des réseaux électriques, des conduites d’eau potable, des câbles téléphoniques et de la fibre optique.

Un aménagement jugé désordonné

L’ancien parlementaire constate par ailleurs que les habitants réalisent actuellement les travaux selon leurs moyens financiers. Certains utilisent des pavés de qualité, d’autres utilisent des briques ou des tomettes, tandis que les plus modestes se contentent d’un simple bétonnage.

Pour lui, cette diversité des matériaux et des méthodes crée un aménagement peu harmonieux et soulève des inquiétudes quant à la durabilité des ouvrages. Il plaide pour une intervention coordonnée de l’État permettant de mettre en place des trottoirs uniformes, des espaces verts et des infrastructures adaptées à la sécurité des piétons, notamment les élèves, les personnes vivant avec un handicap et les autres usagers de la route.

 

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